Une décennie de consolidation dans un monde bancaire en pleine mutation

 

Les années 80 sont le théâtre de profonds bouleversements pour l’ensemble des acteurs du monde financier. Loi bancaire de 1984, désencadrement du crédit, informatisation des établissements, ouverture internationale des marchés : une nouvelle donne se met en place, aux répercussions considérables au sein du paysage bancaire français et étranger.

Cette décennie de mutations accélérées et de grandes manoeuvres s’est ouverte pour la banque Delubac sur l’arrivée de Jean- Michel Samuel. Après ses études à Grenoble et à Paris, le petitfils du fondateur rejoint l’affaire en 1980, vingt ans après son père. L’heure a sonné pour la troisième génération de prendre part à l’aventure et de contribuer à en écrire de nouvelles pages, dans le respect des racines et de « l’ADN » de la banque… et bien sûr de son irréfragable loi d’airain : liquidité d’abord !

Au début des années 80, la banque Delubac reçoit de nombreuses offres de rachat en raison de nouvelles dispositions favorables aux établissements les plus petits en matière d’encadrement du crédit. De grands réseaux lui font les yeux doux. La banque est flattée sans doute d’être ainsi convoitée mais elle n’aime rien autant que son indépendance, ses valeurs familiales, sa fidélité à son territoire natif.

Néanmoins, la famille Samuel-Delubac comprend qu’elle laboure un terrain géographiquement limité. Il lui faut donc se développer, s’étendre au-delà de sa région. Jean-Michel et son père en sont convaincus, le salut passera par une expansion géographique. Où aller ? La ville de Valence est proche mais déjà très financiarisée. Lyon est très fermée…

Les années 80 : de nombreuses offres de rachat mais la banque Delubac n’aime rien autant que son indépendance…

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Serge Bialkiewicz

Le tournant de l’année 1988

 

Alors intervient une heureuse coïncidence. Serge Bialkiewicz, que Jean Samuel a eu souvent l’occasion de rencontrer lors de réunions à l’Office de coordination des banques privées (devenu depuis l’OCBF), souhaite reprendre une banque et la développer.

Après une première entrevue à Paris avec Jean Samuel, il se rend au Cheylard pour y exposer ses intentions. M. Bialkiewicz, M. et Mme Jean Samuel et leur fils sympathisent immédiatement et décident de poursuivre les discussions. La réalisation de leur projet est facilitée par l’intervention d’amis communs, notamment MM. de Juvigny et Lhomme, cadres de l’AFB et inspecteurs de la Banque de France.

En 1988, ils s’associent. M. Bialkiewicz amène avec lui des investisseurs. Le capital de la banque passe de 3 millions de francs à 30 millions.

Ainsi lestée, la banque Delubac s’installe en septembre 1988 dans ses premiers locaux parisiens, situés boulevard Haussmann. Nouveaux associés, nouveau cadre de travail, nouvelle donne capitalistique : toutes les conditions sont réunies pour se développer sans se renier. Liquidité, liberté, modernité.

banque delubac - boulevard haussmann

Installation boulevard Haussmann

 

C’est dans cette artère mythique de la capitale qu’ils décident d’élire domicile. En 1988, l’année même où Alain Souchon sort sa chanson « Ca s’passe boul’vard Haussmann à cinq heures », ils s’installent au 130, en étage, dans des bureaux mis à disposition par un des associés venus avec Serge Bialkiewicz.

Ils n’y resteront pas longtemps. Au printemps 1989, les voici au 144, puis, à partir de l’année 1996, au 152. Ils ouvriront en 2004 une agence sur rue située au 156. Pour être complet, notons que le 139 boulevard Haussmann a également été occupé par la banque.

La banque Delubac sera « haussmannienne » jusqu’en 2014, lorsque ses locaux parisiens seront transférés rue Roquépine. Une opération débutée en 2009 et qui s’est achevée alors que la banque entrait dans son quatrevingt dixième anniversaire. Elle est devenue propriétaire de ses murs.

Dans le cadre de la transformation de Paris, le préfet Haussmann conçoit cet axe de grande circulation comme une voie diagonale reliant le premier cercle des Grands boulevards à celui du mur des Fermiers généraux. Il doit, pour cela, ordonner la destruction de la maison dans laquelle il est né, à l’angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré.

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Nouveaux locaux Rue Roquépine